Toutes mes excuses.

Veuillez excuser le récent manque d’activité sur Normandie Culture, mais des problèmes d’ordinateur m’empêchent de pouvoir travailler, je vais essayer de trouver une solution le plus rapidement possible.

Pierre

Published in: on 26 août 2009 at 15:39  Laisser un commentaire  

Bon Point !

Je cherchais, une belle citation à mettre sur Normandie Culture est quelle ne fut pas ma surprise lorsque je découvris l’existence d’un Wikipedia en Normand.

Je vous invite à y jeter un oeil.

Wikipedia Normand

La Confession à Véronique

En mettant mé cont’s à tremper,
Même à boueilli dans eun’ marmite,
Malin l’ sien qu’en pouerrait r’tirer
Seul’ment eun’ chopein’ d’iau bénite.
Qui qu’ vo voulé, no n’ se r’fait pas,
Mé j’ sûs d’un joyeux caractère
Et j’ainm’ mue amuser lé gas,
Que d’ leux conter la Sainte Histouère.

En v’là core eun’ qu’est d’un bon crû,
O s’est passée à Maisoncelles,
Un bon pays où qu’ lé cocus
Sont bi moins rar’s que lé pucelles.
Y n’ faut vaie là rin d’étonnant,
Mé j’ cré qu’ cha tient à leux gros bère ;
D’avec un crû qui fend lé verres,
Comment qu’i n’ s’raient pas bi faisants.

Et à c’t’ heu’, j’ vas vo dir’ que ny’a d’ cha bi d’s années,
Y’avait, dans c’ pays-là, un paur’ vieux tracheux d’ pain,
Rouèg’ de ch’veux, d’ barbe itou, qu’ nos app’lait Constantin ;
C’était l’ plus vilain gas que n’y’eût dans la contrée,
Dé péchés capitaux, il avait sa bouenn’ part
Et par dessus tous l’s autr’s, il était raid’ saôlard.

No n’a pas tous l’s ohis, Constantin n’tait pas bête,
Quand il était happé d’ béchon,
Y s’ cachait bi, comm’ de raison,
Dé gens qui nouerrissaient sa personn’ malhonnête ;
Y s’ muchait dont comme y pouvait,
N’y’avait pas d’ niche où qu’i n’ se coule,
Quand il ‘tait sâs comme un goret,
Pourvu qu’ no n’l’i vaij’ pas la goule.

A c’t’ heur’, j’allons laissi
Constantin l’ mal lagui,
Por no n’n’aller trouver la maîtress’ Véronique,
Qui s’en vient, l’air un brin soucieux,
A confess’ por conter d’ san mieux
Lé péchés qu’olle a faits contr’ la louai canonique,
Et parmi cé péchés maudits,
Y s’en trouve un qui la gên’ bi ;
En amour, la bouenn’ dam’ haïssait tant l’ carême,
Que parmi lé dix command’ments,
O n’ n’écorchait un d’ temps en temps ;
J’entends causer du sien qui vient apreux l’ chinquième.

O s’en fut, en entrant, drait au confessionna,
La porte du mitan était enterbaîllie,
O s’ dit : « L’ t’ churé est là », et fut vite ag’noueillie,
Au guichet d’à côté, disant meà culpâ ;
No répondit à sa périère,
D’ l’aut’ côté, comm’ par un grogn’ment ;
« Hélas ! que s’ dit not’ ménagère,
Moussieu l’ t’churé n’est pas content. »
Portant, comme o voulait fair’ sé Pâques l’ dinmanche,
« Tant pis qu’o s’dit comm’ cha tout bas,
Por eun’ fessée, l’ t’chu n’ vo tumb’  pas,
Eun’ fais tout raconté, j’ vas sorti d’ là tout’ blanche,
Tous mé péchés
Vont rêt’ lavés. »

Quand o n’ n’eut, en sieuvant san examen d’ conscience,
Avoué dé p’tiots de rien,
« – Hélas qu’o dit, man pèr’, je r’clam’ votre indulgence,
Car j’en ai bi besoin.
J’étais core innocent’ quand c’est qu’ je m’ sus mariée
A maîtr’ Constant Lénâlt,
Je n’s savais bi sûr pas
Qu’su l’amour conjuga, y m’ baill’rait d’ bell’s jeunées ;
Là-d’ssus, com’ no dit, l’ vieux coquin
M’avait promins plus d’ beurr’ que d’ pain ;
Enfin, n’ discutons pas, pus qu’ j’ai fait la bêtise,
Et à part cha, comm’ vo l’ savé,
No n’a jamais mal ausé d’ mé,
Quand c’est que v’là un mouais, l’ garçon à la mèr’ Lise
Est v’nu cheux elle en permission,
Et dam’ c’est un si biau garçon,
D’avec cha si ainmable, que je m’ sus laissie faire. »

D’ l’autr’ côté, brutal’ment, no se r’muit su la tchaire.

« – Hélas ! qu’ dit Véroniqu’, man pèr’, pardonnez-mé,
J’sais bi qu’ su c’t’ affair’ là, j’ai cédé un brin vite,
Mais quant à m’n homm’ Constant, y n’ a que c’ qu’i mérite ;
No n’prend pas eun’ jeun’ femme’ quand no n’ peut plus t’chu l’ver.»

Mais la paur’ femme’ tumbit quasiment évanouie,
Quand c’est qu’olle entendit répondre avec furie :
« – Av’ous bitôt fini ? nos a t’y jamais vu ?
Qui qu’cha peut m’ fout’ à mé, si votre homme est cocu ?
Je m’ coul’ dans c’te boît’-là por y dormir tranquille
Et vo v’né m’élugi d’ vos affair’s de famille ! »

Comm’ vo d’vé bi l’ penser, c’était l’ gas Constantin
Qui s’était muchi là por cuver eun’ saôlée ;
Il en tirit parti, car depus, l’ vieux gredin,
Qui r’connut Véronique, allait souvent la vaie,
Et la paur’ malheureus’, craignant s’n’ indiscrétion,
A chaqu’ coup qu’i y allait, l’ saôlait comme un cochon !

[Charles Lemaître]

Les Joyeux Bocains
contes drolatiques en patois bas-normand

(1917)

Citation du jour

“Le plus difficile n’est pas de faire son devoir, c’est de savoir où il se place.”

[Jean De La Varende]

(1887-1959)

Published in: on 21 août 2009 at 21:14  Laisser un commentaire  
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Citation du jour

Avant d’entrer plus loin dans la demeure
Soyez prudent avant d’y pénetrer,
Vous devez en surveiller tous les abords
Car qui sait d’avance sur quels sièges,
Siègent les ennemis dans l’assemblée ?

[Hávamál]

Published in: on 18 août 2009 at 12:57  Laisser un commentaire  
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Tibi, Georgette !

D’abord faut que j’ demand’ pardon
A moussieux les ecclésiastiques
D’ lé mettr’ si souvent en question
Dans mes histouèr’s un brin comiques ;
Mais comm’ c’est tous dé gens d’esprit,
Au lieu d’y trouver d’ qué à r’dire,
Quand j’ lé gratt’ sans les écorchi,
C’est eux lé premiers à en rire.

Là d’ssus j’ vas vo conter que, n’y’a d’ cha bi longtemps,
J’ai connu un t’churé par t’chu nous, dans l’ Bocage,
De qui qu’ la bouenn’ servante avait tous lé talents.
Por l’y fair’ tout san cas et l’y t’ni san ménage,
Et sans mépriser l’s ’autr’s por cha,
C’était la meilleur’ cuisinière,
Que n’y’eût bi’n à vingt lieues de d’là,
N’importe dans quel presbytère.
Or, v’là-t’y pas qu’ san maîtr’, dans l’ moment dé gras jours,
Réunit por eun’ conférence,
Au sujet d’ la concupiscence,
Eun’ douézain’ de t’churés dé parouess’s d’alentour.

Georgett’, c’était l’ nom d’ la servante,
Por bi traiter tous cé moussieux,
Fit dé chos’s si appétissantes,
Qu’y s’en liquaient à qui mieux mieux ;
Du potage au rôti, no n’entendit qu’ dé louanges.
Et n’y’eut d’s’ estomacs r’connaissants,
Qui crur’nt bi faire, en affirmant
Qu’ les élus n’ mang’nt pas mue au réfectouair’ des anges.
Quand arrivit l’ café,
Qu’était si parfeumé,
Que, comm’ no dit quiqu’fouais, no mordait presque à même,
Cha couronnit l’ dainner comme avec un diadème ;
Tous disaient au t’churé : « – Mes compliments, mon cher,
« De votre cordon bleu, vous devez être fier. »
« – Certes, dit un doyen, c’est un talent notoire,
Et rien que ce café suffirait à sa gloire. »
« – Ah ! dam’, pour le café, ell’ le fait toujours bon,
Répondit aussitôt l’aimable amphytrion,
Et pour sa récompense,
Si vous l’ permettez tous,
Vous voudrez bien, je pense,
Qu’ell’ le prenne avec nous. »

La chos’ fut adoptée
Par la docte assemblée.
Et chins minut’s apreux,
Avec tous cé moussieux,
Olle était dans la sall’, preux d’ san maîtr’, la pauvrette.
Et v’là qu’ çu bon t’churé, qui causait en latin,
Quasiment si bi qu’ mé, quand ej’ cause en bocain,
Dit en trinquant do elle : « Allons, Tibi, Georgette. »

C’était sûr’ment bi latiné,
Mais faut dir’ que la cuisinière,
A part un brin dans sa périère,
Jamais dans c’ te langu’ là n’ causait,
Et co, c’était sans la comprendre.
C’est bi por qui,
Que l’ mot d’ Tibi
L’embêtait d’pus qu’o v’nait d’ l’entendre.

Aussi quand l’ vicair’ de Coulvain
Sortit por prendr’ l’air un p’tit brin,
La bouenn’ Georgett’ fit meine
D’aller dans sa t’cheuseine,
Mais c’était, en réalité,
Por consulter çu bouen abbé.
Comm’ c’était un farceux, conteux d’ plaisant’s nouvelles,
Quand la brav’ Georgett’ l’y d’mandit
Qui qu’ voulait dir’ çu nom d’ Tibi,
Qu’ san maître l’y’avait dit, en trinquant d’avec elle ;
Por rire à ses dépens,
V’là qu’ çu mauvais plaisant
L’y dit tout bas : « – Je n’ puis vous l’ dire,
« Ma pauvre fille, car n’y’a rien d’ pire. »
Et comm’ c’est qu’olle anticipait,
Disant qu’o voulait tout saver.
« – Mais, qu’i lui dit, ma chère (por l’i faire eun’ bouenn’ farce),
J’ai hont’ de vous dir’ ça : Tibi, c’est l’ nom d’un’ garce,
C’est un vieux mot latin
Qui signifie putain,
Et surtout, ma fill’, que personne
Ne sach’ d’où vient ce renseign’ment,
Que j’ vous donn’ charitablement,
Tenez, votre maître vous sonne. »

Georgett’ l’i dit merci,
En l’i promettant bi
Que sû c’ qu’i l’y’avait dit, olle en s’rait terjours muette,
Oui mais, v’là t’y pas qu’en rentrant,
San maîtr’ l’i dit core en trinquant :
« – Ces messieurs s’impatient’nt, allons, Tibi, Georgette. »
Mais,  s’n’ ahuriss’ment profond,
O l’i dit d’un air furibond :

« – Ah ! j’ vas vos en bailli, mé, dé Tibi Georgette !
Eh ! bi, Tibi vot’ sœu, Tibi vot’ nièch’ Colette,
Tibi vo deux couésein’s, du hameau dé Vignats,
Qui vienn’nt au presbytère,
Je m’ demand’ porqui faire ;
A mains qu’ cha n’ sé, la nieut, por vo t’ni lé pieds cats,
Et pûs, au surplus d’ tout,
Pus qu’ c’est qu’i faut dir’ tout,
Si j’ sus dév’nue Tibi, c’est vous qui m’y’avé minse,
Car vo l’ savé
Aussi bi qu’mé,
Je n’ l’étais bi sûr pas quand c’est qu’ vo m’avé prinse ! »

[Charles Lemaître]

Les Joyeux Bocains
contes drolatiques en patois bas-normand

(1917)

Citation du jour

“L‘amour nest quun plaisir, l’honneur est un devoir.”

[Pierre Corneille]

(1606-1684)

Published in: on 17 août 2009 at 13:28  Laisser un commentaire  

Citation du jour

«Les grands hommes sont comme les plus belles fleurs. Ils croissent sous le fumier et à travers le fumier que jettent sur eux les envieux et les imbéciles.»

[ Jules Barbey d’Aurevilly ]

(1808-1889)

Published in: on 14 août 2009 at 13:38  Laisser un commentaire  
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Citation du Jour

Savoir ce que tout le monde sait, c’est ne rien savoir. Le savoir commence là où commence ce que le monde ignore.


[ Remy de Gourmont ]

(1858-1915)

Published in: on 13 août 2009 at 19:07  Laisser un commentaire  
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Saint Sauveur le Vicomte

Lors d’une petite ballade du coté de Saint Sauveur le Vicomte, après avoir visité la maison de Barbey D’Aurevilly nous nous arrêtâmes visiter le château de Godefroy de Harcourt (Enfin ce qu’il en reste, il est en pleine rénovation).

Chateau Godefroy De Harcourt

Puis nous fîmes un tour dans les environs du chateau qui recèlent un cimetière ou ce cher Barbey fût enterré. Ce fût l’occasion de déposer un bouquet de fleurs afin de lui rendre hommage.

Tombe Barbey D'aurevilly

Journée enrichissante, je vous invite à effectuer un tour dans cette jolie petite ville qui est située dans la manche.

Pierre.

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